La campagne , la ville un petit peu .
Une compagne ,oui, une épouse je ne veux .
La richesse , non , une épargne pour quand je serai vieux .
Ma compagne , la campagne .
Comme cela me rendrait heureux .
La campagne , la ville un petit peu .
Une compagne ,oui, une épouse je ne veux .
La richesse , non , une épargne pour quand je serai vieux .
Ma compagne , la campagne .
Comme cela me rendrait heureux .
J'ai la vue basse
j'vois plus que des pieds.
Des petits des gros
des boursoufflés.
Dans de belles chaussettes.
Dans de beaux souliers .
Des pieds qui filent
ou qui défilent .
Qui marchent droit .
Qui marchent aux pas .
Qui vont par deux
ou bien par trois.
Sur les trotoirs
des grands boulevards .
Si j 'ai du peau
je verrai plus haut .
Des pieds qui montent
Qui montent en bas.
En bas de soie .
Cela va de soi .
j'ai vu des poètes
en haillons
pales et maigrichons
qui vivaient dans de petites maisons
petites prisons .
Presque à genoux
mais dignes
qui vivaint de trois sous
oui la poèsie ne paie pas
elle soulage l 'âme
elle vous calme
J'ai vu ausi
de curieuses bêtes
qui prétendaient en être
qui le criaient même à tue -tête
à ceux- là on faisait la fête
Ils avaient pignons sur rue
Oui de cela j 'en ai vu
mais moi je n'y ai jamais cru
on ne me la fait pas
je sais reconnaitre
les fats
J 'en ai vu d'autres
que vous hélas ne connaitrez pas
Ils ne portaient pas de costumes
c'est pourquoi je les ai reconnu
ce sont les poètes posthumes .
Je vais bientôt tomber
comme de son arbre
tombe le fruit mût .
Je suis las, fatigué
et ma peau est couverte de vergeture
Je sais que tôt ou tard
sonnera l 'heure du départ.
Des anges vêtus de haillons
m 'ont visité
ils avaient l 'apparence de jolies papillons
ils m'ont dit ,
peut -être pour me rassurer
que je ne devais pas être triste
que c' était mieux ainsi
partir avant que je ne pourrisse
Je ne sais si j 'ai bien entendu
à peine plus haut qu 'un murmure
une voix qui disait :
pour tous les services rendus
ce fruit finira dans un pot de confiture .
Quelle consolation messieurs !
quelle consécration mesdames!
devenir un met que l'on consomme
mais que peut - on ésperer de mieux
lorsque l'on est
qu'une belle et grosse pomme ?
Il l'aime .
Elle l' aime .
Ils sèment .
un jour viendra ,
ou je me réveillerai
l 'esprit léger
et le corps en paix .
Ou j 'attendrai
que la voix de mon père
et de ma mère résonne
et n 'entendrai personne .
Ou je me lèverai
et regarderai de ma fenêtre
les feuilles jaunies que le vent emportent
Une clé ,
de mon appartement
ouvrira la porte .
Une famille l 'investira .
des enfants me frôleront mais ne me verront pas
Je m 'entendrai dire
qui sont ces gens ? qui sont ces nouveaux -venus ?
Je comprendrai alors ,
qu' ils sont le prèsent et que je ne suis plus .
L 'été ,
en ville
est pour moi compliqué
il ne convient pas ,
à ma nature fragile .
Je lui préfère le printemps
et la douceur d 'avril .
Trop de lumière , de poussière
altèrent la peau,
d'un chef d'oeuvre en péril
Il faut l 'observer
dans la tranquillité
la lune
quand elle prend ses quartiers .
Quand de son corps
elle ne dévoile que la moitié ,
laissant l 'une dans l 'ombre
et l 'autre dans la clarté .
Faire de jolies phrases
pour décrire toutes ses phases
La découvrir rêveuse
quand elle devient gibbeuse
Attendre patiemment
ce moment ou elle est pleine
et voir , que si le soleil est roi
elle, est une reine
Ne pas se fâcher
si tout à coup
elle vient à s'éclipser
C'est juste
qu'elle est un peu lunatique
il n 'y a là rien de tragique
Vous verrez que vous y prendrez gôut
à admirer ce magnifique caillou
que j 'aime et que j 'ai dans le coeur
car on m 'a dit que de la terre
la lune
était la petite soeur
J 'aime les guêpes,
leur taille.
Quand même ,
elles me mettent sur la paille .
J'aime les guêpes
celles que l 'on roule
le soir dans la broussaille .
J'aime les guêpes , leurs vêtements ,
tout en bigarrure
annonciatrices du printemps .
J 'aimes les guêpes ,
celles des villes celles des champs
les belles , les cruelles ,
qui battent des cils et des ailes
J'aime les guêpes
leurs piqures ,
qui guérissent
mes tourments , mes blessures
J'aime la guêpe
ce petit insecte charmant ,
dont la vue aussitot
me ramène au royaume des vivants .
je ne suis pas né cupide
la vie m 'a offert d 'autres dons .
je ne suis ni génie , ni stupide
et tout comme Achille
j 'ai mon talon ,
celui d 'éviter invariablement
toutes les fléches de Cupidon
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